Prévue en 5 tomes, Laurent Astier à la main totale sur ce projet, étant l’auteur, le dessinateur et le coloriste. Pour la première fois, il se lance dans le western dans une période se situant du XXème siècle aux Etats-Unis.

Synopsis :

Dans le train qui la mène à Silver Creek, petite ville perdue aux confins du Colorado. Emily se souvient du destin tout tracé qu’elle a fui. Elle ne voulait pas devenir comme sa mère, et vendre ses charmes à des hommes de passage dans le quartier chaud de La Nouvelle-Orléans. Mais lorsque celui qui devait vous épouser ne se présente pas à la gare et que vous êtes une jolie jeune femme seule et sans le sou dans une ville minière des Rocheuses.
Que vous reste-il comme option ? Le patron du saloon aura bien une petite idée en tête … A moins qu’Emily ne coure après autre chose et que la venue prochaine du gouverneur favori aux élections sénatoriales ne soit pas qu’une simple coïncidence. Car, en cette année 1900 dans l’Ouest encore sauvage, les règlements de comptes sont légion, les fuites et les cavalcades infinies. Sans compter les détectives de I ’agence Pinkerton qui vous traquent sans relâche pour pouvoir toucher la prime mise sur votre tête.
Survivre dans les montagnes, les déserts ou traverser les territoires indiens semble alors peu de chose, face aux autres dangers qui guettent.

 

Une femme dans le western : Emily

Nous avons comme personnage principal : Emily. Son but reste encore un mystère dans ce tome. Cela est d’autant plus intriguant !

La Venin - Emily
La Venin – Emily

Dans une quête de vengeance, lié probablement, à son enfance et à sa mère, Emily est une aventurière et n’a peur de rien. Dès les premières cases, on voit une belle femme qui tente de s’éloigner de sa condition à être une prostituée. Mais loin de se laisser abattre, Emily prend les choses en main ! On voyage donc avec elle, on suit ses aventures dans un monde de saloon, où la beuverie est roi ou les hommes sont plus incorruptibles les uns que les autres. En tant que femme, j’ai tout de suite ressentie une proximité pour Emily, une compassion et de l’admiration pour son courage.

Emily c’est une femme belle et sexy, une femme meurtrière et armée, une femme intelligente et cultivée : Emily, c’est tout ça.

Pour la première fois, une femme est mise en valeur et n’est plus un objet sexuel ou la compagne d’un homme. Elle est le personnage principal. Pour autant, La Venin n’est pas une bande dessinée féministe. La Venin c’est le parcours d’une femme qui cherche à se venger et peut être s’éloigner d’un passé trop douloureux…

Il reste encore de nombreuses choses à découvrir à propos d’Emily et j’ai hâte d’en savoir plus. D’autant, qu’à la fin du tome vous trouverez ses carnets, très intéressants et qui rend le personnage réel !

 

Le genre du western par Laurent Astier

Le genre du western a été maintes fois utilisé dans la bande dessinée (Blueberry, Undertaker sans oublier Lucky Luke !). Ici, Laurent Astier se démarque en mettant en avant une femme, destinée aux maisons closes, mais qui prend le contrôle de son destin. La Venin, c’est aussi le monde d’hommes politiques corrompus et d’une économie américaine douteuse !

La Venin
La Venin

Il y a dans ce récit un réel souci historique avec la traque de hordes sauvages, l’emprisonnement des Indiens, etc. L’assassinat de Mc Gardy qui a des vieux airs d’assassinat du président Kennedy, il y a un aspect très réel dans ce tome, que j’apprécie fortement.

J’ai adoré me plonger dans cette histoire, ayant lu peu de western, Laurent Astier arrive à donner à ce genre un côté très contemporain. Le tout avec un dessin très réaliste, des couleurs chaudes et dynamiques et une intrigue mordante. Vous ne pouvez passer à côté !

 

Conclusion

Rue de Sèvres et Laurent Astier nous propose un western aguicheur ! La Venin répond aux codes et innove et on ne peut qu’être subjugué par le personnage d’Emily. Une remarque ? On trépide d’impatience de lire la suite de l’aventure !